01 / Le parchemin 1.0

i s’éveilla en sursaut. Il avait l’impression d’avoir dormi mille ans. Ses articulations rouillées ne répondaient pas. Il bailla avec tant de force que sa bouche devint plus grande que sa tête qui, bien que minuscule, lui pesait comme un sac rempli de billes d’acier. Elle ne faisait qu’effleurer son corps filiforme d’une petitesse maladive, prête à s’en décrocher.

Si i avait été humain, il aurait oublié de se regarder dans un miroir. Un pan de sa chemise aurait débordé de son pantalon froissé. Il aurait porté une chaussette rouge, une autre jaune, et des tennis mal lacées. Ses cheveux trop longs auraient caché ses yeux brillant d’intelligence. Si un ballon lui était tombé dessus, il aurait été incapable de le renvoyer d’un coup de tête. Il se serait plutôt fait écrasé le nez. i n’avait pas la classe.

Il contrôlait avec difficulté son pied droit qui semblait vouloir prendre ses jambes à son cou. Il le retenait pour qu’il ne s’échappe pas botter les fesses de p. Ce n’était pas l’envie qui lui en manquait. Il avait toujours jalousé l’assurance de son frère. Solidement ancré au sol sur ses pattes robustes, ce frimeur à l’air jovial respirait la santé.

Sur la gauche de i, v semblait moins prétentieux. Bien qu’en équilibre instable, cet autre frère ouvrait largement ses bras avec l’envie évidente d’attraper les passants et de les embrasser. i l’aimait de tout son cœur et il ne l’aurait quitté pour rien au monde.

Qu’il était bon se réveiller en famille. D’entendre les soupirs des autres lettres du mot, plus loin celles de la phrase et du paragraphe. Même si p l’énervait souvent, i aurait été malheureux de ne plus le revoir. Près de lui et de v, il se sentait chez lui, à sa place, en sécurité.

i cligna des yeux. La lumière bleue qui avait interrompu sa longue nuit s’adoucit peu à peu. Pendant que p et v faisaient des mouvements d’étirement, il rentra la tête, la rapprocha plus encore de son corps. Il se blottit pour grappiller quelques ultimes instants de repos.

Il somnolait à fleur d’une peau de chèvre. Il sentait encore l’odeur de la chaux qui jadis avait été utilisée pour la nettoyer. Sous lui, les racines des poils lui picotaient le dos. Les moines les avaient raclés au couteau puis élimés à la pierre ponce sans les faire disparaître tout à fait. i aurait aimé se retourner pour trouver une position plus confortable mais jamais personne n’avait vu un i bouger de lui-même à la surface d’un parchemin.

— Pourquoi on nous dérange ? se plaignit i.

Toutes les lettres se posaient la même question.

— Où sommes-nous ?

— Quel jour sommes-nous ?

La lumière allait venait. Elle éblouissait, puis faiblissait. Des ombres immenses se posaient sur le parchemin. Elles le parcouraient à toute vitesse comme si le jour et la nuit se succédaient avec la régularité des vagues battant les plages.

Les pinceaux de lumière révélaient des millions de grains de poussière. Aussi gros que des astéroïdes, en rotation sur eux-mêmes, ils montaient ou descendaient, puis s’entrechoquaient avant de changer de direction.

i les voyaient se poser autour de lui, parfois tacher son costume noir. Il s’apprêtait à éternuer quand une tempête l’en dissuada. Elle le balaya avec tant d’énergie qu’elle emporta toutes les poussières et lui déchira en même temps son pantalon. Un beau copeau de sel de cuivre enrobé de gomme, d’un noir brillant, s’éjecta de sa jambe et rejoignit les astéroïdes qu’il traversa avec la vélocité d’une étoile filante.

i manqua s’évanouir de peur. Il savait qu’un jour il disparaîtrait mais il ne s’attendait pas que ce soit après son premier réveil. Il n’avait pas envie de mourir si tôt. Il n’avait jamais rencontré de lecteur. Il ne connaissait pas la sensation d’être lu. C’était trop injuste.

Le sol trembla. Les lettres crièrent de panique. Prisonnières de leur mot et de leur phrase, elles ne pouvaient s’enfuir. i sentit une ondulation lui plier le corps. Il crut qu’il allait se déchirer et perdre toute signification, puis le calme revint et avec lui la nuit impénétrable.

De temps à autre, un tremblement parcourait les lettres. Elles dansaient à la surface de la peau de chèvre comme si elles avaient embarqué à bord d’un carrosse lancé sur une rue pavée. i se demanda s’il n’allait pas se décoller. Il s’agrippait de toutes ses forces aux racines des poils.

Le bas et le haut s’inversèrent. i se retrouva nez à nez avec une matière rugueuse, le parchemin pesant de tout son poids sur lui. Il poussa un cri étouffé.

— Trouillard ! s’exclama M.

Il n’aurait pas hésité à écraser i si on l’avait laissé bouger. Cet arrogant profitait de son embonpoint pour faire le caïd.

i espéra que e au ventre rebondi qu’il savait tout proche lui viendrait en aide. Aucune réaction. Il imagina un peu plus loin o s’enrouler sur lui-même pour faire comme s’il n’avait rien entendu. a et u ne montrèrent pas plus de courage.

a ne savait que se pâmer de satisfaction pour un oui ou un non. Il s’aimait tant lui-même qu’il ne cessait d’admirer ses propres circonvolutions et il se félicitait d’ouvrir l’alphabet. Au moindre imprévu, toutefois, il se répétait pour exprimer l’épouvante : aaa…

u, quant à lui, n’était pas méchant. C’était une bonne lettre mais qui, toute seule, ne savait qu’encourager les chevaux à se mettre en route. Parmi les voyelles, i n’aurait pu compter que sur y avec qui il se sentait des affinités. Malheureusement y se faisait rare et ne fréquentait pas les mots du voisinage immédiat.

— iii, plaisanta M. Tu ne vaux pas mieux que a.

i ne se laissa pas faire :

— Tout seul, M, tu ne sonnes pas. Tu dépends de nous pour chanter : Ma Mo Mi Ma Mu… Comme toutes les consonnes, tu es jalouse de nous les voyelles.

i aurait mieux fait de se taire.

— kk, trompeta k. Je n’ai besoin de personne d’autre que de moi-même.

— qq, s’enorgueillit q.

i s’attendait à passer un mauvais moment mais le silence lui répondit. Le parchemin s’était une nouvelle fois renversé. Les pieds en bas la tête en l’air, les lettres respiraient normalement. Les vibrations cessèrent. Même M arrêta de faire le malin.

Tout d’abord, une ligne rouge stria l’horizon noir. Le soleil se levait, un soleil brûlant.

— Au feu ! cria-t-on.

Hurlant de terreur, les lettres se remémorèrent avec tristesse leur vie passée dans l’obscurité. Elles n’avaient pas grand-chose à se raconter. Personne ne s’était extasié ou énervé à leur contact. Elles s’étaient contentées de dormir durant des années, peut-être des siècles. Elles n’avaient même pas rêvé, les lettres ne rêvaient pas.

La lumière rouge s’intensifia, recouvrit le parchemin. Elle avait la propriété de ne pas éblouir. Elle était chaude sans brûler. C’était une étrange lumière. Elle n’attaquait pas la gomme qui liait entre eux les cristaux de sel de cuivre.

i eut l’impression de sortir d’un bain d’encre. Son costume paraissait plus noir, plus neuf, plus resplendissant. i avait envie de crier de joie.

Dans l’air au-dessus de lui quelques grains de poussière virevoltaient tout en s’éloignant toujours plus, aspirés par une bouche invisible et vorace. i ne percevait aucune tension s’exercer sur le parchemin. Quelle était l’origine de ce rouge régénérateur ? Que se passait-il ?

i ne s’interrogea pas longtemps. Avec les autres lettres, petites ou grandes, il se recroquevilla dans les alvéoles du parchemin. Une pince métallique s’approcha, elle s’écarta à la façon d’un bec de pélican qui s’apprête à gober un poisson, puis se referma avec méchanceté sur le parchemin qui valdingua dans l’air rouge.

i vit l’autre bord de la page s’approcher de son visage. Un immense C lui faisait face. Il était haut de quatre lignes. À l’intérieur, une femme en arme s’appuyait à une hallebarde. Sa main gauche tenait le pommeau d’une épée, sa main droite désignait l’entrée d’une forteresse.

i n’avait jamais vu qu’un seul humain avant d’être plongé dans le noir. Et encore, juste ses yeux et ses doigts qui tenaient la plume qui lui avait donné naissance. Il l’avait vu consacrer beaucoup de temps vers le haut du parchemin. Il comprenait maintenant pourquoi : il avait dessiné ce C majestueux.

i n’était lui qu’une lettre ordinaire, un i parmi d’autres i, une voyelle dite fermée, d’une banalité à toute épreuve. Comme le C, il aurait aimé porter un costume bleu avec des étoiles blanches. Il aurait aimé être enluminé et occuper le début d’un texte, ou même d’une phrase. Non, il était coincé entre v et p pour l’éternité. Il se contentait d’observait sans pouvoir agir.

Au bout de la pince, le manuscrit voyagea en apesanteur jusqu’à une surface froide où il fut plaqué, enchaîné par un champ d’attraction électrique.

Avec toute sa famille, tous ses voisins et tous les habitants du parchemin, i hurla chatouillé en tout point du corps par le champ électrique. Il avait l’impression qu’une langue rugueuse se glissait sur sa peau et s’attardait avec insistance dans la moindre anfractuosité. Elle tournicotait et frétillait. On aurait dit que des poissons avaient sauté hors de l’eau et se débattaient désespérément dans son pantalon.

De toutes les lettres, a riait le plus fort, d’un fou-rire dangereux, qui virait au hoquet. Il payait pour ses circonvolutions qui offraient un nombre incalculable de points de succion.

Un œil s’approcha. Il ne ressemblait pas aux yeux du moine copiste. Il était ample, rond, brillant, formé d’un ensemble de cercles concentriques noirs mats. Sur le dernier avant la pupille curviligne était écrit :

LEICA PHOTO

i n’avait jamais vu des lettres aussi laides dans des mots aussi incompréhensibles. Le moine qui les avait dessinées manquait d’imagination. On aurait dit qu’il les avait tracées avec une règle, une équerre et un compas, sans montrer aucun talent artistique. C’était plutôt un géomètre. Il avait oublié les pieds et s’était contenté de jambes droites. Quelle tristesse.

i se sentit aussi resplendissant qu’Apollon. Il en déduisit qu’autour de lui vivaient des lettres d’exception et qu’il était donc lui aussi exceptionnel. Placé dans un autre texte, il aurait ébloui tous les lecteurs par son élégance.

L’œil le regardait d’ailleurs avec intérêt. Dans la pupille, des pétales avaient pivoté sur elles-mêmes pour révéler un point d’un noir absolu. i songea à une fleur carnivore. Elle se pencha sur lui.

Il hurla sans craindre de paraître pleutre. Autour de lui, les autres lettres hurlaient aussi, les voyelles comme les consonnes muettes. z zozotait une plainte qui évoquait le blizzard. t pétaradait. c voulait dire quelque chose. Mais c’était quoi ? Même h s’étouffait de terreur.

Une lumière d’un blanc absolu jaillit. Une lumière d’une pureté irréelle. Avec force, elle pénétra les costumes des lettres, traversa les copeaux de cuivre, transperça le parchemin.

i s’agrippa. Il vit la tête joviale de p se décoller, puis son corps qui ne tenait plus que par ses orteils. Un à un, ils lâchèrent prise. p s’envola vers l’œil avec un dernier cri d’épouvante.

v avait déjà cessé de résister. Sa faible assise ne lui avait laissé aucune chance. Il était monté au ciel les bras écartés, acceptant son sacrifice. Les autres lettres le suivirent en cascades, les minuscules, les majuscules, les voyelles et les consonnes sans traitement de faveur. Le C enluminé ne résista qu’un instant de plus, puis il céda à son tour.

i était le dernier. Ses dents, ses doigts, ses orteils le faisaient souffrir. Il n’arrivait plus à les tenir serrés. Il ouvrir la bouche. Sa tête se redressa, manquant s’arracher. Il ressemblait à un gecko. Il s’aplatissait comme une crêpe, faisant de son corps une ventouse. Elle se déforma en cloche, n’adhérant que sur ses bords, des bords de plus en plus fins et l’air s’engouffra au-dessous.

i partit dans le vide. Loin du parchemin. Il vivait les derniers instants de sa vie sans histoire.

60 réflexions sur « 01 / Le parchemin 1.0 »

  1. lOursYK

    J’ai envie de lire la suite ! J’ai été bien accroché, à la fin du chapitre j’ai vraiment eu envie de savoir ce qui allait arriver à i. J’ai peu de remarques, mais je reviendrai régulièrement sur la lecture pour étoffer mes éventuelles corrections.

  2. lOursYK

    Elle ne faisait qu’effleurer son corps filiforme d’une petitesse maladive, prête à s’en décrocher.
    J’ai un peu de mal avec cette phrase, je la trouve lourde sans toutefois parvenir à trouver une solution : son corps filiforme d’une petitesse maladive casse le rythme et fait décrocher de prête à s’en décrocher une question de ponctuation peut-être ?

  3. Szarah

    Tu sais que c’est très bon, comme texte ? « Il ne connaissait pas la sensation d’être lu », ça cause à l’imagination.

  4. Henri A

    Bonnes idées pour l’ensemble. Cela me semble un peux court pour la vie parchemanesque. ( description de la fabrication, écriture du parchemin ) .
    Cela manque de magie ( une raison valable magique qui donnerait vie à ces personnages ), ou toutes les lettres de tout les parchemins vu seraient des personnages ?

  5. Szarah

    Bien joué, tout y est : le mystère de la nature de i qui s’éclaircit peu à peu, les personnalités, les événements (bien, le LEICA) et l’attente de la suite.
    Mon truc perso : je lis à haute voix, pour voir si ça chante bien ». Et là, ça fonctionne plutôt bien.

  6. Szarah

    Elle n’attaquait pas la gomme qui liait entre eux les cristaux de sel de cuivre.
    Ma che cristaux ? J’ai trouvé ça compliqué, mince j’ai été obligée de penser ! :)

  7. Nessy

    J’ai lu le mode d’emploi après le premier commentaire, donc je reviens ici pour te dire que j’attends avec impatience la suite.

  8. Ykastell

    Je trouve l’idée poétique et originale, personnellement je trouve que tu cites trop de marques commerciales dans tes textes (le début de croisade est une pub Apple qui m’a découragé d’aller jusqu’au bout..)

  9. Iza

    Je n’ai pas tout compris à ce qui arrivait au malheureux i. Alors que tout à l’air limpide pour les autres. Je fais mon Rantanplan comme d’hab. J’ai hâte de voir ce que Romane va en penser.

  10. Henri A

    Ouais, je recopie mon commentaire mit au mauvais endroit :
    « Bonnes idées pour l’ensemble. Cela me semble un peux court pour la vie parchemanesque. ( description de la fabrication, écriture du parchemin ) .
    Cela manque de magie ( une raison valable magique qui donnerait vie à ces personnages ), ou toutes les lettres de tout les parchemins vu seraient des personnages ? »

  11. tcrouzet Auteur de l’article

    @Ykastell Dans Croisade, c’est pour me moquer… Mais tu as raison je vais remplacer LEICA par KADOC

    @Iza Îl faudrait que tu me dises où ça te semble obscur. Deux choses auxquelles je viens de penser sous la douche et qui pourraient éclairer peut-être.

    Paragraphe 17, après « Il crut qu’il allait se déchirer et perdre toute signification. » Je peux ajouter.

    « Quel trésors, tonna une voix humaine. Quelle merveille. Le professeur ne s’est pas trompé. Refermez le coffre que la lumière n’abime pas le parchemin. » Et la nuit impénétrable s’abattit à nouveau.

    Pour faire comprendre que des archéologues viennent de retrouver le parchemin.

    Je peux refaire la même chose lorsque le parchemin est transporté sous l’objectif.

    @Henri Il n’y a qu’un parchemin dans le coffre, un parchemin qui a été écrit pour être enfermé aussitôt pour des siècles et là les lettres se réveillent. Par plus de magie, tu entends quoi exactement?

  12. tcrouzet Auteur de l’article

    Je vois ce que tu veux dire. Le parchemin aurait été enchanté ce qui donnerait des pouvoirs aux lettres. C’est ça.

    ça va bien avec mon idée d’un texte mystérieusement caché à tous les lecteurs pendants des siècles.

    Et dont je ne connais pas encore le contenu mais qui ne sera révélé qu’à la toute fin du roman :-)

  13. Henri A

    Ben voilà, tes deux commentaires ( mis en contexte avec les archéologues par exemple, etc…) ont répondu à mes questions.

    L’idée de découvrir petit à petit ce qui se passe est bonne, mais au début de la lecture je croyais que i et sa bande étaient des êtres humains.
    J’ai pas 12 ans, quoique…parfois je me demande.

  14. clamoche

    1ere ligne : manque « de » bon de se réveiller
    2ème ligne : « celles »? plutôt « ceux » ( les soupirs)

  15. Heraclite

    J’aime bien ! J’attends quelques autres chapitres pour réagir, pour avoir un peu de recul… Bonne suite !

  16. Iza

    Thierry, exactement. ça aide. Parce que j’ai dû remonter plusieurs fois et relire pour comprendre que c’était ça.

    Par exemple : à la première lecture, j’ai pensé que le début du texte parlait de la vie des lettres au temps des moines copistes, puis qu’elles s’étaient endormies, puis réveillées.

  17. Iza

    Sinon la fin est obscure pour moi.

    Je pense à un générique, une image que je connais d’un faisceau qui désintègre des lettre sur un parchemin, mais je ne sais absolument pas de quoi il s’agit en réalité. Je manque sans doute cruellement de culture, il me manque la référence.

    Du coup je me dis que ça manquera peut être à ma fille ou à des enfants.

    Peut être aussi que tu vas éclaircir ensuite.

  18. tcrouzet Auteur de l’article

    J’espère que l’introduction des voies humaines perçues par i aideront à mieux comprendre. Des archéologues découvrent un parchemin enchanté, ils l’amènent sous leur tente et le photographient pour le transmettre au professeur (non moins mystérieux à ce stade).

    Je publierai la V2 de ce chapitre mercredi. Patience. Je termine le chapitre 2 demain. Et j’aurais peut-être 2 et 3 dispo mercredi prochain.

  19. Henri A

    Remarques, pour les 8-12 ans, cette histoire de parchemin enchanté peut faire l’affaire.
    En ce qui me concerne, je pensais à un truc plus tordu du genre :
    « un texte écrit par une espèce d’initié – le sens de ce texte est si puissant que quand il est lu d’une manière ou d’une autre, les lettres ( signes, codage )le ressentent et vivent.
    Ce qui pourrait bien expliciter, les symboles d’un coté et le sens de l’autre, quelque soit l’univers, analogique et/ou digital ».

  20. tcrouzet Auteur de l’article

    C’est ça mon idée, comme d’habitude ce point s’éclaircira avec le temps… j’avais même pensé à un message écrit par des ET… des initiés c’est bien aussi… ce qui compte c’est que c’est un texte spécial qui a été caché et qui devait le rester assez longtemps (le temps que l’humanité grandisse un peu).

  21. did

    Bon. Efficace. Prenant.
    Pas eu de souci de compréhension.
    Kadoc ne me dis rien, Leica est plus explicite à mon goût.

  22. PTK

    personnage féminin vs masculin ?

    Je milite pour que ce soit une elle-lettre.
    Je commence par ça, parce qu’après ce chapitre ce sera trop tard.

    Même si les langues latines lui ont donné un genre féminin, une lettre est objectivement d’un caractère neutre. Mais ce serait trop dommage qu’on ait ici encore un livre de garçon pour les garçons, il y en a trop. Et pas assez d’héroïnes. C’est un texte écrit pour tes fils, mais aussi pour nos enfants au sens large. Pour amener la parité, casser les statistiques, il faut un geste volontaire (sans se forcer bien entendu.) Le jeune lecteur (et le vieux aussi) sait s’identifier à n’importe quoi, un objet ou un personnage de l’autre sexe.

    Voir les romans de Henri Beauchau ou Douglas Kennedy, où une narratrice amène une douceur qui n’empêche pas l’action.

    Sans connaître la suite (mais le titre nous laisse supposer qu’on va retrouver i sous d’autres formes,) je crains déjà UN héros aventurier. UNE aventurière serait moins cliché. Les manuels scolaires sont déjà trop pleins de stéréotypes sexistes.

  23. PTK

    Sur le projet : écrire un livre pour une classe d’age, d’accord. Mais se souvenir qu’un adulte doit aimer sans concession, et à la limite ne pas s’en apercevoir (cf remarque d’Henri A, « pour les 8-12 ans, … peut faire l’affaire. » )

  24. PTK

    [de grains de poussière. Aussi gros que des astéroïdes,] : je ne vois pas la métaphore, là. A l’échelle des lettres, les grains peuvent évoquer des insectes, mais des astéroïdes ça ferait de l’ombre…

  25. PTK

    Trouver la marque. Si je peux voter (cf remarque globale de Thierry), c’est contre Kadok. D’abord il n’y a pas de i, et puis il y a déjà un kk et un qq. Quid de Lacie, Leica, Aciel, Kinon, au pire Adokk ? Ou encore : Iappa ?

  26. PTK

    Après le noir absolu (paragraphe 49), le blanc absolu. Rien pour les différencier ? Profond, abyssale versus aveuglant, brutal.

  27. PTK

    costume noir : ça ne me va pas. Le costume d’une lettre ? plutôt sa peau, voire même son substrat, sa chair : ôté le costume, que reste-t-il d’une lettre ? On ne peut pas en faire un accessoire.

  28. PTK

    [ Il ressemblait à un gecko. Il s’aplatissait comme une crêpe, faisant de son corps une ventouse. ]
    De mémoire, le gecko adhère par ses extrémités digitales, pas par le ventre. Si le corps fait ventouse, ça ne peut pas évoquer la crêpe. Et désolé, mais si les bords adhèrent encore, l’air ne peut pas s’engouffrer. Dommage, il y avait une belle dynamique d’aspiration, un vortex très SF. Et ça s’arrête sur un os : je n’arrive pas à voir la ventouse.

  29. lény

    s’lut. Je n’ai pu tout lire pour le moment (faudrait déjà que je puisse finir la tune dernière version) mais quand même ça m’a semblé obscur pendant un moment avant que je ne comprenne qu’il s’agissait de la lettre i. Finalement ce qui est rassurant c’est que ma fille de dix ans à qui je l’ai donné à lire à bien compris et assez vite, m’a t’elle dit, qu’il s’agissait d’une lettre. Elle n’a pas tout lu non plus mais a trouvé ça bien, elle a l’air curieuse. Vu que c’est le cœur de cible, c’est positif. Thierry dès que je peux je te fais un compte rendu plus précis.

  30. Iza

    Bon maintenant que j’ai la teuhon, autant que je boive la coupe jusqu’à la lie : ok pour le pitch Thierry, ça j’avais.

    Ce qui m’a laissée songeuse, c’est le truc de la fin, elles souffrent les lettres, se désintègrent, partent dans le vide. Avec le flash ? j’ai pensé à une photocopieuse mais je ne voyais pourquoi elles étaient détruites.

    Leny chou, soit à ce qu’on te dit, c’est la V2 qu’on va donner à nos fillous ;-))

  31. lény

    iza, ben c’est juste que j’ai donné le texte à lolita dès le tout début avant même que thierry ne parle de la V2 …

  32. lény

    en fait quelques trucs m’ont paru abscons pour un enfant.
    « Elle n’attaquait pas la gomme qui liait entre eux les cristaux de sel de cuivre. » par exemple. Pas évident de comprendre qu’il s’agit de l’encre liée par de la gomme arabique ou quelque chose du genre.
    La narration en est perturbée parce qu’on vient heurter sur un aspect technique. Je suppose que tu veux rester dans l’expectative, ne pas tout révéler clairement. Est ce important de dire que la lumière rouge n’attaque pas la gomme etc ?
    Ce qui est important me semble t’il c’est l’ambiance, la lumière rouge.

  33. lény

    dans ce premier chapitre il y a deux partie. Quelque chose d’étrange qu’on ne comprend pas très bien mais qui doit nous porter, la partie dans laquelle i s’éveille et ne comprend pas bien ce qu’il se passe. Enfin une deuxième partie dans laquelle des actions extérieures nous font comprendre ce qu’il se passe. Or je trouve que tu essaies dans la première partie de mêler les deux en glissant des éléments techniques sensés nous faire comprendre la situation. Mais ça reste un peu obscurs et hache la narration. Tu devrais plutôt rester métaphorique et poétique dans la première partie et dans la deuxième changer de rythme en venant au monde des hommes agissant sur le monde des lettres.

  34. tcrouzet Auteur de l’article

    Commentaires en vrac et réponses à tous.

    Tout le livre sera écrit du point de vue de i. Les humains seront toujours lointains même s’il y aura une humaine qui sortira du lot et avec laquelle i aura un échange. Ce point de vue implique des décalages, des déformations, des obscurités. Certaines choses ne seront jamais claires pour i. Relisez Alice et vous verrez que nombre de choses ne sont pas justifiées. Et on s’en fiche, et les enfants s’en fichent encore plus que nous.

    L’histoire ne passe pas dans notre réalité mais dans celle des informations (on sera plus dans une logique quantique que macroscopique).

    Comme je le dis dans http://i.tcrouzet.com/comment-travailler-ensemble/ nous n’avons pas à nous mettre à la place des enfants (je complèterai ce post au fur et à mesure que le projet avance, c’est notre notice d’usage). C’est eux qui jugeront. Chaque lecteur doit dire s’il comprend ou pas, pas se demander si les autres comprennent. Il me semble que c’est une règle de lecture qu’il faut toujours avoir quand on lit un texte. Parler pour soi.

    Il faut aussi prendre l’habitude de commenter au niveau paragraphe. Par exemple quand Lény parle « Des passages obscurs », il faut les désigner précisément, sinon j’ai aucune chance de savoir exactement de quoi on parle. C’est une habitude qu’il faut prendre pour essayer d’être le plus précis possible et gagner du temps.

    i est une lettre et un caractère. Et je n’ai pas choisi i par hasard, c’est le i d’information. Il est féminin et masculin en même temps. La notion de sexe pour lui n’a aucun sens. Il se trouve qu’en français on dit un i. Donc je suis bien obligé d’écrire il, même si souvent il se définira lui-même comme une lettre. Tout l’intérêt sera justement de créer un personnage asexué. En anglais, ce serait it.

    À la fin du chapitre, il s’agit bien d’une photocopie (une photographie en fait). Le i est bien arraché à son support puisqu’il y a le i qui reste sur le parchemin et son image qui part vers l’appareil. Et nous sommes dans ce second i, c’est avec lui que nous continuons l’aventure, pas avec son double qui reste sur le parchemin. Donc pour ce i voyageur, notre i, tout explose, tout ce qu’il connait est détruit. Mais je ne peux pas l’explique à ce moment il me semble.

    Une lettre peut changer de couleur, surtout dans le monde numérique. La couleur est donc bien de l’ordre du costume. Et vous allez voir que c’est fondamental pour la suite. Le noir du i est bien son costume en aucune manière sa chair.

    Dans le livre achevé, il y aura une couv. Il suffit d’y mettre des lettres avec des yeux par exemple pour faire comprendre que le i est une lettre dès la première seconde. D’un autre côté i parle de p et de v, puis de son mot, sa phrase… Il me semble qu’il faut en vouloir pour pas comprendre qu’il s’agit d’une lettre au bout d’une page. Qu’il existe un doute pendant une page ne pose pas de problème.

    Le but est bien sûr d’écrire un livre que les adultes peuvent aussi lire et apprécier. Il ne s’agit pas de tomber dans les niaiseries, mais juste régler le niveau de langage pour que les plus jeunes lecteurs puissent lire le texte.

  35. tcrouzet Auteur de l’article

    J’ai viré dans la nouvelle version. Beaucoup de petites choses ont changé.

  36. Amotsdelies

    Le démarrage me plaît. L’action arrive assez vite. On sent qu’on entre dans un monde étrange et féerique. Je me demande juste comment on va en arriver à l’informatique ! Mais c’est bien : ça suscite la curiosité, et donc l’envie de continuer la lecture.

  37. Amotsdelies

    Leica me convient très bien : pour moi, il explicite tout de suite le fait qu’il s’agisse d’un appareil photo. Dans ce sens, il me semble qu’un nom de marque réelle est nécessaire. Mais je ne suis pas sûre que Leica soit suffisamment connu des plus jeunes.

  38. tcrouzet Auteur de l’article

    Nikon alors ? Il me semble qu’il faut un i… pour qu’il puisse se comparer à lui.

  39. Amotsdelies

    Pourquoi pas… Ou Fuji ? Ou alors tu peux inviter un iPhoto : ça parlerait sûrement à tout le monde. Mais bon, ça contredit mon précédent commentaire, puisque ça n’existe pas :-)

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