| cation que l'écrivain ne s'autorise qu'une fois tari le flot des mots, une fois qu'il quitte le temps du voyage, le temps où il était dans le futur. Oui l'écrivain écrit comme se souvenant des pensées présentes... et il ne peut qu'agir avec un tel abandon, obéissant aux injonctions du monde, se laissant pénétrer comme un voyageur par les paysages inconnus. L'écrivain, tel que je le conçois, est un voyageur ; il voyage dans le monde de | sa conscience et note ce qu'il observe. Il ne parle du monde qu'indirectement, il sait qu'il ne peut agir autrement, que vouloir le faire serait se mentir. Cet écrivain voyageur, curieux de sa con- science, est le seul réaliste. Bruit d'hôtel : douches, grincements, voix lointaines... voilà quand le flot se tarit... toujours cette sensation de ne pas avoir saisi ce que je pensais. Les mots révèlent une pensée, je ne peux dire que c'est la mienne, car elle |
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